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22/04/2010

Les compagnies à bas coûts moins pénalisées par la paralysie du trafic...

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La fermeture de la plupart des aéroports européens a été un coup dur pour les compagnies aériennes. L'Association internationale du transport aérien (IATA) a annoncé que la suspension des vols leur coûterait plus cher que le préjudice subi après les attentats du 11-Septembre.

 

EasyJet et Ryanair sont pourtant bien placées pour émerger du nuage de cendres dans de bonnes conditions. Mais en Bourse, les investisseurs ont sanctionné uniformément l'ensemble du secteur : compagnies à bas coûts ou pas, toutes ont vu leur cours baisser. C'est irrationnel.

 

En effet, les deux grands transporteurs aériens à bas coûts du Vieux Continent ont trois points forts. Le premier, c'est qu'ils sont économiquement plus efficaces. Les coûts fixes pèsent moins lourd dans le total de leurs charges. Si les avions sont cloués au sol, ils perdent moins d'argent.

 

Le deuxième, c'est qu'ils ne proposent pas de correspondance. Ils n'ont donc pas de passagers en transit. Or, d'après Citigroup, les frais d'hôtel représentent quelque 8 millions dans les 15 millions de livres sterling (17 millions d'euros) que British Airways déclare perdre chaque jour.

 

En outre, EasyJet et Ryanair opèrent également dans le sud de l'Europe, qui a été moins touchée par les restrictions.

 

Le troisième, c'est que ces deux compagnies ont des comptes sains. Si leurs quatre grandes rivales - British Airways, Iberia, Lufthansa et Air France - sont également bien pourvues en liquidités, ce n'est pas le cas de transporteurs plus fragiles, qui pourraient avoir besoin d'aides publiques pour reprendre leur activité.

 

AVIONS MIEUX REMPLIS

La comparaison entre British Airways et Ryanair est parlante. Si les chiffres donnés par la première sont justes, l'interruption des vols pendant cinq jours amputera d'un tiers son bénéfice opérationnel attendu par les analystes pour 2010. L'impact ne serait que de 5 % pour Ryanair, dont Citigroup estime les pertes journalières à 4 millions d'euros. Si l'on se fie aux calculs d'UBS, elles seraient même moins élevées que celles d'Iberia, alors que la compagnie espagnole a pu maintenir la plus grande partie de son réseau en fonctionnement. Easyjet déclare de son côté être privée de 5 millions de livres par jour.

 

Il est probable que toutes les compagnies réussiront à récupérer une partie du manque à gagner avec la reprise du trafic : les avions seront mieux remplis et les passagers, à bout de nerfs, peut-être prêts à payer plus cher leur billet. Mais pour ceux qui ont investi dans les compagnies à bas coûts, ce décollage sera bien plus confortable.

 

Source : Le Monde.fr

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