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19/04/2010

La facture du grounding général sera salée...

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AVIONS CLOUES AU SOL | Swiss et easyJet se refusent pour l’heure à chiffrer le coût de ce grounding forcé, mais n’appellent pas à l’aide publique. Au contraire de Brussels Airlines.

 

«Et dire que lundi dernier nous avons fait un exercice de crise.» La direction de Swiss avait alors décidé de simuler un accident. La cellule mise à contribution n’aura pas attendu longtemps pour passer de la théorie à la pratique. Une trentaine de personnes sont sur le pied de guerre depuis la fin de la semaine dernière pour tenter de gérer au mieux de ce que l’on appelle déjà le pire week-end de l’histoire de l’aviation commerciale. Les priorités? Se préparer à la reprise des vols et assister la clientèle, résume Jean-Claude Donzel, porte-parole de la compagnie, qui a d’ores et déjà annoncé qu’elle annulait ses vols intercontinentaux aujourd’hui.

 

25 000 appels par jour
Assister la clientèle? «Les détenteurs de billets peuvent se faire rembourser ou changer leur réservation jusqu’au 31 mai. Nous prenons en charge la première nuit d’hôtel des non-résidents», poursuit le porte-parole. Du personnel de vol a par ailleurs été dépêché au sol pour aider les usagers, mais difficile d’accroître immédiatement la capacité des centres d’appels téléphoniques qui reçoivent 25 000 appels par jour contre quelque 5000 habituellement. «Ce personnel doit être formé.» Même réponse chez easyJet qui insiste sur la mise à jour régulière des renseignements sur son site Internet.

 

Si, pour l’heure, elle s’engage à rembourser les frais (hôtel et repas) des voyageurs éloignés de leur domicile, la compagnie low cost s’interroge. «A Genève, nous sommes une des seules compagnies à respecter le règlement européen, constate Peter Voets au nom d’easyJet. Si la situation s’éternise, je ne sais pas si nous pourrons continuer à offrir ces prestations. D’ailleurs, faut-il continuer si tout le monde ne le fait pas?» Et le représentant d’évoquer une possible consultation de la Commission européenne sur les modalités d’application du règlement dans cette situation pour le moins extraordinaire.

 

Estimations en cours
Hier, Swiss a supprimé 400 vols concernant 45 000 réservations. Toutes compagnies confondues, ce ne sont pas moins de 63 000 vols qui ont été annulés en Europe entre jeudi et hier. Mais impossible pour l’heure d’estimer le coût de ce grounding forcé, qui concerne aussi le fret. Estimations en cours, entend-on partout. L’association internationale du transport aérien (IATA) avance très prudemment le chiffre de 200 millions de dollars par jour de manque à encaisser pour le secteur. Paul Charles, un expert du groupe Lewis PR cité par l’AFP, estime, lui, que ces quatre jours de paralysie du trafic aérien ont coûté plus d’un milliard et demi de francs à l’industrie européenne du voyage.

 

Pour l’heure, ni Swiss ni easyJet n’ont cependant demandé de soutien gouvernemental. Au contraire de Brussels Airlines. «Personne ne peut supporter cela», déclare à l’AFP son porte-parole Geert Sciot. Il compare cette nouvelle situation critique pour un secteur qui a déjà pris la récession en pleine carlingue l’an dernier, à celles des agriculteurs touchés par des intempéries. «Ils demanderaient aussi du soutien.» Et les regards de se tourner vers la Bruxelles européenne.

 

Vers des aides étatiques?
«Si le trafic aérien ne reprend pas cette semaine, certaines compagnies vont avoir d’énormes difficultés et la commission devra alors examiner la possibilité d’autoriser des aides d’Etat», confiait un responsable européen sous couvert d’anonymat à l’AFP. Sans commenter le sujet, la présidence espagnole de l’Union a d’ores et déjà annoncé une réunion des ministres des Transports aujourd’hui – mais par visioconférence, faute… d’avions.

 

Au final tout le monde s’accorde autour de cette évidence: tout va dépendre de la date de reprise du trafic. Alors, il faudra remettre en marche cette énorme et fort complexe machine qu’est le secteur aérien. Mais ça, c’est une autre histoire…

 

Source : La Tribune de Genève

 

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