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15/02/2010

La Charente rejette les exigences de Ryanair...

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La Charente au septième ciel avec Ryanair, cela semble bien plombé et la Saint-Valentin s'annonce morose. Fini, les billets doux. l'heure est au désamour. Et comme souvent dans les couples, pour une histoire de gros sous. Hier après-midi, c'était réunion Smac, le syndicat mixte des aéroports de Charente, et l'ambiance n'était pas aux bisous. Le syndicat a voté son budget. Y a inclus la ligne budgétaire correspondant aux passengers fees, cette subvention à la communication de la compagnie aérienne.



Ce sera 270.000 euros TTC. Pas un de plus. C'est juste ce que prévoyait, pour le troisième et dernier versement, le contrat passé avec la compagnie low cost au lancement de la ligne aérienne Angoulême-Londres pour cinq ans et trois rotations hebdomadaires entre avril et septembre. Pas question de verser la rallonge de 175.000 euros que réclamait Ryanair pour continuer à assurer la prestation. celle-là même qui avait incité Michel Boutant, le président du conseil général, à grimper aux rideaux et dénoncer les méthodes de flibustier du transporteur aérien.



Après quelques semaines de turbulences, de différences d'appréciation entre un conseil général inflexible et une chambre de commerce et d'industrie (CCI) plus encline à la négociation. «Aujourd'hui, tout le monde a adopté la même position», indique Patrick Berthault, le président du Smac. En clair: «Le contrat, rien que le contrat.» C'est balayer d'un revers de manche l'avenant que voulait proposer la compagnie: 130.000 euros au lieu des 270.000 du dernier versement, mais pour seulement deux mois de desserte, en juillet et août. «Inacceptable», ont dit en choeur hier les membres du syndicat. «C'est une histoire de gentlemen qui respectent leur parole, traduit Michel Boutant. Et les gentlemen, c'est nous.»



Encore tendre une perche

«Le piège, ce serait un avenant, concède Daniel Braud, le président de la CCI. Cela nous conduirait directement à la rupture du contrat». Pour autant, les membres du Smac n'ont pas voulu verser dans le catastrophisme. Alors qu'il s'apprêtait à transmettre par fax la position de son syndicat, Patrick Berthault voulait encore tendre une perche. «Nous, on est prêts à rediscuter, mais sur la base du contrat.» A traduire: une rallonge ne pourrait être que la contrepartie d'une ligne supplémentaire. Parce que les Charentais ont déjà payé par avance.



La base du contrat avec Ryanair, c'était 7,40 euros par passager, sur la base de 25.000 passagers par an pendant cinq ans. Une somme qui a été étalée sur les trois premières années. L'Europe ne permet en effet d'aides au démarrage de l'activité que sur cette période, et si elles sont dégressives.



Hier, personne n'a voulu prononcer le mot à voix haute, mais tout le monde pensait justice. Pour faire respecter le contrat. Sans trop d'illusion. Fataliste, Daniel Braud: «De toute façon, si ce n'était pas cette année, cela nous serait tombé dessus l'année prochaine. Une fois que l'on a payé, Ryanair n'a plus rien à prendre. Cela ne les intéresse plus.» Même si Daniel Braud rappelle la rentabilité de la ligne et ses 87 % de taux de remplissage, il semble ne plus se faire d'illusions. «Il y a 99 chances sur cent que Ryanair, ce soit fini. J'ai l'impression que, dans leur tête, ils sont déjà partis».



Au point que le Smac s'est mis à envisager sérieusement une solution de repli. Avec une préoccupation: «Maintenir les vingt-cinq emplois sur l'aéroport.»

 

Source : Charente Libre

22:12 Publié dans Ryanair | Lien permanent | Commentaires (0)

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