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12/02/2010

Ryanair veut réduire ses vols vers Londres...

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AÉROPORT ANGOULÊME-COGNAC. La compagnie a annoncé qu'elle poursuivrait ses vols en 2010 seulement en juillet et août et non plus de mars à octobre. Le bras de fer continue

 

 

 

On saura aujourd'hui, après la réunion du Smac (syndicat mixte des aéroports de Charente), quelle posture prendront les élus face à la dernière annonce de la compagnie à bas prix Ryanair (notre édition d'hier). Si elle ne plie pas bagages, en revanche, elle entend réduire ses vols vers Londres aux seuls deux mois d'été, en juillet et août, alors que la convention qui court sur cinq ans (2008-2012) concerne la période de mars à octobre avec trois vols par semaine. Ce qui était le cas jusqu'à maintenant.

 

Cette volonté de la compagnie de se désengager partiellement du contrat qui la lie au Smac fait suite au bras de fer engagé avec les élus depuis plusieurs mois. Cet accord prévoit que Ryanair ouvre une ligne aérienne Angoulême-Londres tandis que le syndicat mixte lui achète de « l'espace communication », sorte de subvention. Le Smac devait ainsi débourser 925 000 ? sur trois ans : 400 000 ? en 2008, 300 000 ? en 2009, 225 000 ? en 2010.

 

Ryanair demande du rab

Or, dans une lettre datant du 3 décembre 2009, Ryanair, prétextant la crise, a demandé le versement pour 2010 de 400 000 ?, et non plus 225 000 ?. Dans la balance : le maintien de la ligne aérienne. Ce qui a eu le don de mettre en pétard le président du Conseil général Michel Boutant, qui a parlé « de pratiques de flibustiers. » Le Département finance à lui seul 70 % des sommes versées à Ryanair via le syndicat.

 

Les élus ne voulant pas courber l'échine et payer les 175 000 euros supplémentaires réclamés par la compagnie, celle-ci vient donc de décider de réduire considérablement la voilure de ses vols. « Sauf qu'il y a une convention et qu'ils doivent la respecter », s'insurge Patrick Berthault, le président du Smac.

Pour Daniel Braud, le président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Angoulême qui gère l'aéroport Angoulême-Cognac, toute cette affaire est « inquiétante. » « Je suis d'accord sur le fond avec Michel Boutant, mais pas sur la forme. Je l'ai déjà dit. » L'intéressé aurait souhaité que le président du Conseil général prenne un peu plus de gants pour laisser une marge de négociations.

 

« Ce qui me préoccupe, c'est le devenir du personnel de l'aéroport. On a l'équivalent de 25 temps pleins pour les vols internationaux. Si on a moins de vols, nous aurons besoin de moins de personnel... » Sauf si le gestionnaire trouve d'autres compagnies aériennes. « On a une piste sérieuse, mais j'en parlerai aujourd'hui au comité syndical. Après, reste à savoir quel développement les élus voudront donner à l'aéroport », avance Daniel Braud.

 

On sait que les finances des collectivités ne sont pas au mieux en ce moment et que le fonctionnement de ces compagnies dites « low cost » ne fait pas l'unanimité. « Il y a aussi le problème de l'amortissement des investissements consentis pour faire venir Ryanair », pointe du doigt le président de la CCI, qui précise que le fonctionnement de l'aéroport ne sera de toute façon pas remis en cause.

 

Une ligne vers l'est

« Notre activité ne s'arrête pas à Ryanair. On a 27 000 mouvements par an avec des vols militaires, sanitaires ou encore postaux. Il y a également Héli-Union, qui est en plein développement, et on est en train de chercher une compagnie pour effectuer des vols transversaux vers l'est de la France. Ce qui répondrait aux attentes des entreprises charentaises », tente-t-il de rassurer tout en admettant que les vols commerciaux sont aussi importants pour le tourisme. Avec Ryanair ou un autre...

 

Source : Sud ouest

12:50 Publié dans Ryanair | Lien permanent | Commentaires (0)

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