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09/02/2010

Ryanair, le social low cost...

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Le succès de la compagnie aérienne irlandaise repose sur le dumping fiscal et… les fonds publics. La CGT dévoile l’envers du décor d’une entreprise 
qui applique dans l’esprit la directive Bolkestein.

Vous vous triturez les méninges pour comprendre comment la compagnie Ryanair peut pratiquer des tarifs aussi bas  ? Stop. Le syndicat CGT d’Air France lance une campagne nationale pour dévoiler les petits secrets de la compagnie low cost irlandaise. Vendredi, à Marseille, il a présenté son analyse que l’on peut résumer ainsi  : le modèle économique de Ryanair repose sur le non-respect des règlements nationaux et communautaires, sur le dumping social et fiscal et, au bout du bout, sur le financement par le contribuable. Le lancement de cette campagne par José Rocamora, secrétaire national de la CGT Air France, à Marseille, ne doit rien au hasard puisque le syndicat a rendu public un mémorandum sur l’exemple concret de l’aéroport de la deuxième ville de France.

 

règlements contournés…

Qu’y découvre-t-on  ? Tout d’abord que la compagnie dirigée par le très médiatisé Michale O’Leary ne paie aucune taxe parafiscale (taxe professionnelle, taxes d’apprentissage et de formation professionnelle). Air France verse à ce titre 1,3 million d’euros à l’échelle de la région PACA. Encore plus surprenant  : Ryanair ne paie aucune cotisation sociale. Et ce malgré un chiffre d’affaires en France qui approche les 300 millions d’euros.

 

« De fait, le fonctionnement de Ryanair est l’application dans l’esprit et les actes de la directive Bolkestein, accuse le syndicat. (…) Des salariés navigants irlandais, écossais, français ou d’autres pays d’Europe, dont certains vivent en France, effectuent leur travail en totalité ou en partie au départ de la métropole (de Marseille en particulier). Leur entreprise contourne les lois et les règlements français et européens. À ce jour, contre toute attente, la DGAC, l’Urssaf et l’inspection du travail font la sourde oreille alors qu’un simple contrôle à l’aéroport permettrait de mettre en évidence ce travail dissimulé. » Le manque à gagner est, par définition, difficilement chiffrable mais ce sont des centaines de milliers d’euros, voire des millions qui sont en jeu.

 

La grande valse des billets n’est pas encore terminée, puisque la chambre de commerce, gestionnaire de l’aéroport, « a mis en place des mesures incitatives » : abattements à droite, aide à gauche. Plus fort, elle a conclu un marché d’achat d’espaces publi-citaires avec AMS, filiale à 100 % de Ryanair. Montant sur cinq ans  : 6,8 millions d’euros. « Ce marché est une aide d’État non notifiée au regard des règles de la communauté européenne », souligne le syndicat. Les collectivités locales, soucieuses de l’attractivité de leur territoire, voient toujours d’un bon œil l’ouverture et ont tendance à dérouler le tapis rouge à Ryanair jusqu’à ce que celle-ci fasse monter, comme à Toulon, entre autres, les enchères… Les chambres régionales des comptes se sont, à de multiples reprises, étonnées de ces relations dangereuses. Quant au président du conseil général de Charente, Marc Boutat, il a publiquement dénoncé le « chantage » du « tigre » celtique.

 

… ou entente tacite

 

À l’échelle du continent européen, la CGT estime que Ryanair touche 650 millions d’euros d’aides pour un résultat net de 400 millions. CQFD. « Si le droit européen s’appliquait, toutes ces aides devraient être remboursées », insiste José Rocamora. La Commission européenne a été saisie à plusieurs reprises. Sans suite. Le syndicaliste tente une explication  : « Nous supposons qu’il y a probablement entente tacite entre la Commission de Bruxelles et le patron de Ryanair. Nous avons été étonnés de l’engagement de ce dernier dans la campagne référendaire, l’an dernier. »

 

Entre autres revendications, la CGT demande l’application de la législation française à tous les personnels des compagnies low cost basées en France et l’arrêt total des interventions financières des collectivités envers les compagnies qui persistent à mépriser la législation sociale et fiscale française.

 

Christophe Deroubaix

 

Source : L'Humanité

20:19 Publié dans Ryanair | Lien permanent | Commentaires (0)

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