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12/01/2010

Comment France-Soir a déjoué la sécurité de Roissy...

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Alors que le personnel de l’aéroport de Roissy est unanime quant au contrôle des passagers et de leurs bagages, France-Soir a testé les procédures en faisant passer en cabine une série d’objets susceptibles d’être confisqués. Le résultat est alarmant.

8 heures. Départ pour l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, sac en bandoulière et guitare sur l’épaule. A l’intérieur du sac, une trousse de toilette. Rasoir, flacon de gel douche de 250 ml et déodorant de 150 ml sont rassemblés pour susciter la méfiance des agents de sécurité. Dans la sacoche de la guitare, pince coupante et allumettes côtoient cordes et partitions. Un briquet dans la veste complète la panoplie du mauvais passager. Le vol Air France, à destination de Lyon, est prévu à 9 h 35.

 

8 h 30. Mauvaise surprise en arrivant au terminal 2F. L’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry est fermé jusqu’à 11 heures à cause de la neige. Le vol AF7652 est donc retardé à 11 h 45. N’ayant pas de bagage à mettre en soute, je m’enregistre à une borne et me dirige directement vers la zone d’embarquement, pour tenter de passer le point de contrôle.

 

8 h 45. Une quinzaine de personnes attendent déjà. Un grand panneau présente quelques objets interdits en cabine et rappelle que les liquides contenus dans des récipients de plus de 100 ml ne sont pas autorisés. Pour s’assurer que les passagers ont bien compris le message, un agent installé derrière une table demande à chacun d’entre eux s’il a des liquides sur lui. Prudent, je lui explique en avoir dans ma trousse de toilette. « Ils vont vous les enlever au contrôle », répond-il avec un geste de lassitude.

 

8 h 55. Quelques mètres plus loin, je déclare à un deuxième agent avoir des produits susceptibles d’être interdits. « Posez tout sur le tapis, me coupe-t-il avec empressement. Il y a du monde et on n’a qu’un seul poste de contrôle ouvert. » J’installe donc dans des bacs séparés la trousse de toilette, le sac, la veste, puis pose ensuite la guitare sur le tapis roulant. Une fois passé le détecteur de métaux, je récupère mes affaires, examinées aux rayons X. Aucune question, aucun contrôle supplémentaire. J’accède à l’embarquement sans être inquiété par le service de sécurité.



11 h 15.
Après présentation de la carte d’identité et de la carte d’embarquement, un bus emmène les passagers jusqu’à l’Airbus A319 en partance pour Lyon. Je prends place en cabine, en gardant libre accès à l’ensemble des objets présents dans mon sac, et dans la sacoche de la guitare.

 

13 h 40. L’appareil se pose à l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry avec près de trois heures de retard. A peine débarqué, direction la porte 21 pour monter dans le vol retour. Initialement prévu à 13 h 45, il connaît un retard d’une heure. La neige est une fois encore passée par là. Alors que l’heure limite d’enregistrement était largement dépassée, je me présente donc à nouveau au contrôle de sécurité.

 

14 heures. La procédure est la même qu’à l’aller, à cela près que je laisse ma trousse de toilette à l’intérieur du sac. Mais cette fois, certains produits attirent l’attention des agents de sécurité. « Je peux procéder à une fouille ? », demande, pour la forme, une employée de l’aéroport. Déodorant et gel douche sont sortis du sac. « Vous ne pouvez pas monter avec ça. » Interrogée sur le fait que ces objets sont passés à l’aéroport de Roissy, celle-ci se braque. « C’est qu’ils ont mal fait leur travail », résume-t-elle. Un autre agent s’approche dans mon dos. « Qu’est-ce que vous avez comme guitare ? », demande-t-il pour me tester. Une fois la marque de l’instrument donnée sans hésitation, ce dernier n’insiste pas, et repart, me laissant prendre le vol AF7643 vers Roissy. A croire qu’un savon est plus dangereux qu’une pince coupante dans un avion.

 

Source : FRANCE SOIR

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