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28/12/2009

Le low cost se propage à l'ensemble du secteur aérien...

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En dehors de la violence de la crise du secteur, un autre sujet fait l'unanimité chez les grandes compagnies aériennes européennes : toutes reconnaissent avoir sous-estimé la concurrence des compagnies à bas coût.

 

Un constat d'autant plus sévère que depuis le début de la crise, ces transporteurs comme le britannique easyJet ou l'irlandais Ryanair, ont gagné à la fois de l'argent et des parts de marché : les compagnies à bas coût devraient ainsi transporter, en 2009, environ 175 millions de passagers en Europe, soit 17 % de plus qu'en 2008.

 

Air France-KLM, l'allemande Lufthansa et British Airways, qui recherchent toutes la façon la plus efficace de réduire leurs coûts, ne pouvaient pas rester imperméables au changement. Toutes se sont donc mises, si ce n'est à copier, du moins à s'inspirer du modèle low cost, même si elles s'en défendent.

 

Tous les moyens sont bons

Pour Pierre-Henri Gourgeon, le directeur général d'Air France-KLM, la chose est entendue : "On n'évolue pas vers le low cost, ce sont les passagers qui le demandent. La crise a fait bouger les consommateurs pour aller vers une réduction des dépenses." Air France a engagé ce travail de réflexion au mois de juin en questionnant ses clients. Les résultats de cette vaste enquête ont servi à bâtir la nouvelle offre moyen-courrier - les vols dont la durée est inférieure à quatre heures - qui sera mise en place le 1er avril 2010. "Que voulaient les clients ? Un transport fiable, un accès fluide, un bon rapport entre le prix qu'ils payent et la prestation qu'ils achètent, et, enfin, qu'Air France reste Air France !", explique M. Gourgeon.

 

En matière de prix, la grille tarifaire va être revue à la baisse pour se rapprocher de celle des transporteurs à bas coût : les prix pourront baisser jusqu'à 30 % sur certaines destinations à certaines périodes.

Sur les prestations "offertes", la différence se fera dans le détail. La r

estauration, les journaux, le premier bagage de soute resteront gratuits en classe économique, désormais appelée "Voyageur". En revanche, si le bagage de soute dépasse les 23 kg autorisés, un forfait de 50 euros sera appliqué. De même, pour les vols inférieurs à une heure et demie, il n'y aura plus de sandwich.

 

Si l'avion maintient le principe de deux cabines, "Voyageur" et "Premium", les passagers de cette dernière classe, qui succède au segment "Affaires", n'auront plus droit au champagne ou au traditionnel jus d'orange d'accueil. La refonte du réseau moyen-courrier, associée au plan d'économies "Challenge 12" et à une réduction de voilure dans l'activité cargo, devrait se traduire par un impact positif de 500 millions d'euros dans le résultat d'exploitation en 2011-2012.

 

Mais Air France pourrait aller plus loin dans sa transposition du modèle des compagnies à bas coût. Selon La Tribune, la compagnie aurait aussi l'intention d'augmenter le temps de vol des pilotes, pour le porter en moyenne à 650 heures par an, contre 565 actuellement. Une mesure qui permettrait au transporteur franco-néerlandais de se rapprocher des niveaux des compagnies à bas coût : plus de 700 heures de vol chez easyJet et près de 900 chez Ryanair. Mais pour y parvenir, Air France devrait réviser les accords collectifs qui courent jusqu'en 2011 pour les pilotes.

 

Lufthansa veut aussi réduire ses coûts. Le plan "Climb 2011" prévoit 1 milliard d'euros d'économie d'ici à la fin 2010. Christoph Franz, le vice-président de la compagnie allemande, reconnaît que les activités moyen-courrier de l'entreprise doivent être restructurées. Pour y parvenir, tous les moyens sont bons : l'emploi d'avions plus gros permettra de rendre les liaisons plus rapidement rentables. De même, M. Franz veut augmenter la durée quotidienne d'exploitation des vols. Une méthode empruntée aux compagnies à bas coût : plus l'avion est utilisé, moins il "fait de béton" ; c'est-à-dire plus l'escale est courte, plus l'avion est rentable.

 

Coté cabine, comme Air France, Lufthansa compte conserver la gratuité sur les boissons non-alcoolisées et les snacks, mais sera moins généreux sur les liaisons courtes.

 

C'est toutefois British Airways qui avait donné le coup d'envoi au mouvement d'économie, en décidant de supprimer la restauration sur les vols d'une durée inférieure à une heure et demie. D'autres mesures ont été mises en place, qui ressemblent à s'y méprendre aux politiques des compagnies à bas coût, comme l'instauration du second bagage payant ou la possibilité de choisir sa place lors de sa réservation Internet, moyennant finances.

 

Voilà de quoi commencer à contrecarrer la croissance ininterrompue des compagnies à bas coût : selon les prévisions d'Eurocontrol, l'organisme européen chargé de superviser le contrôle aérien, les vols à bas coût pourraient atteindre 50 % du trafic intra-européen en 2013, contre 35 % aujourd'hui.

 

Source : Le Monde.fr

Commentaires

A voir, les difficultés de Ryanair avec les aéroports en France, avec la nouvelle législation en Italie ou encore les syndicats de pilotes espagnols montrent aussi les limites du model low cost à l'irlandaise.

Écrit par : Roman | 31/12/2009

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