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18/12/2009

Air France peine à mettre en ligne l'Airbus A 380, à nouveau en panne...

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L'Airbus A 380 dont Air France a reçu un premier exemplaire le 15 novembre dernier, est toujours cloué au sol dans l'énorme hangar de maintenance de Roissy-CDG. Jeudi, le vol AF 006 Paris-New York a été annulé à nouveau pour raisons techniques. La compagnie explique qu'un problème électrique perturbe l'affichage de la position des becs et des volets qui se déploient sur les parties antérieure et postérieure de l'aile. Ces dispositifs hypersustentateurs augmentent la portance de l'aile à basse vitesse, quand l'avion décolle ou atterrit. Ils ne sont donc utilisés que lors de ces phases de vol et les pilotes doivent savoir s'ils sont sortis ou non. De tels défauts de signalisation ne sont pas rares, dépendant de mini-contacts qui peuvent être défaillants pour quelques millimètres de décalage. Vendredi matin, les services de maintenance d'Air France n'avaient pas identifié précisément l'origine de la panne mais remplaçaient l'ensemble de la pièce, quitte à la faire contrôler ensuite en laboratoire pour trouver le composant fautif. La date de remise en ligne du très gros porteur n'était pas connue, même si la compagnie a bon espoir d'assurer demain samedi le vol AF 006.


L'A 380 ne dessert actuellement que New York à raison de six vols par semaine (sauf le mercredi, consacré à la maintenance et à la formation des navigants). L'arrivée d'un deuxième appareil en janvier permettra d'assurer plus de régularité des liaisons. C'est en effet le troisième incident enregistré en quelques jours par l'A 380 aux couleurs d'Air France. Lundi soir déjà, l'AF 007 New York-Paris avait été annulé, suite à un problème de transfert de carburant entre les réservoirs. Cette fonction, outre celle d'alimenter les moteurs, permet de faire varier la position du centre de gravité de l'avion et d'améliorer ses performances. L'avion a été ramené à Paris en vol dit "ferry", c'est-à-dire sans passager, pour y être dépanné. Et depuis, il n'a pas revolé. Le premier incident était survenu cinq jours après la mise en ligne sur les États-Unis intervenue le 21 novembre : une panne de configuration de pilote automatique avait exigé un retour à New York, causant trois heures de retard.


Tous ces soucis de mise au point concernent des problèmes électriques, ce qui n'est guère étonnant. Sur l'A 380 comme sur le Boeing 787 qui vient d'effectuer son premier vol, les circuits électriques sont beaucoup plus nombreux que sur les avions de la génération précédente où régnaient les systèmes hydrauliques (et leurs fuites). Air France n'est pas la seule à connaître des soucis avec l'A 380. Un appareil de Singapore Airlines a fait demi-tour cette semaine après une panne, électrique elle aussi, des fours des cuisines. Cette compagnie à très haute qualité de service n'envisageait pas la possibilité d'un vol de douze heures sans servir de plats chauds à ses passagers... Hier à Roissy-CDG, les passagers, qui, dans l'ensemble, comprennent que des problèmes de rodage peuvent intervenir sur un nouvel avion, acceptent beaucoup moins le déficit d'information. Les 481 voyageurs du Paris-New York sont restés près de sept heures au sol à bord de l'A 380. On leur a laissé entendre que les moteurs ne démarraient pas. La communication reste un point perfectible à Air France. Puis deux heures ont été nécessaires pour récupérer leurs bagages, le fonctionnement de l'aéroport étant perturbé par la neige. Un Boeing 777 a alors été affrété, en embarquant 303 d'entre eux et décollant dans la nuit, les autres étant acheminés aujourd'hui. Ceux qui voulaient voler en A 380 devront encore attendre.
Source : Le Point

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