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15/12/2009

Front commun contre Ryanair...

Hier, le syndicat mixte des aéroports de Charente a refusé le « chantage » de Ryanair.

Michel Boutant était remonté comme une pendule, hier, à la sortie du comité syndical des aéroports de Charente. « Ryanair emploie des méthodes de voyous, de flibustiers », tonnait-il, courrier de la compagnie aérienne à l'appui. Une position largement partagée au sein du comité syndical qui a dressé un front commun contre la demande financière de Ryanair.

 

Qu'en est-il exactement ? La collaboration entre le syndicat mixte des aéroports de Charente (Smac) et la compagnie Ryanair est traduite dans une convention qui court sur cinq ans (2008-2012). En gros, Ryanair ouvre une ligne aérienne Angoulême-Londres, tandis que le Smac achète de « l'espace de communication », expression polie pour désigner une subvention, sur le site Internet de la compagnie. Le Smac débourse ainsi 925 000 ? sur trois ans : 400 000 ? en 2008, 300 000 ? en 2009, 225 000 ? en 2010, zéro en 2011 et 2012, terme de la convention...

 

Or, dans une lettre datée du 3 décembre, Ryanair, prétextant la crise, change brutalement les règles du jeu et demande au Smac de régler, pour 2010, une somme équivalente au premier versement, soit 400 000 ?. « On leur doit 225 000 ?, un point c'est tout. On ne va pas leur payer 175 000 en plus?, comme ça », fulmine Michel Boutant.

 

La compagnie n'hésite pas à mettre dans la balance, poliment mais fermement, la ligne Angoulême-Londres. Une ligne susceptible d'être fermée assez facilement : pour dénoncer la convention qui la lie au Smac, Ryanair n'aurait qu'à débourser 50 000 ? de pénalités. Une broutille pour la compagnie qui, par ailleurs, exige une réponse des collectivités « avant le 10 décembre »

 

Crédibilité

Pour Michel Boutant, c'en est trop... Le président du Conseil général n'en finit pas de lire la courbe croissante des profits de Ryanair : 387 millions d'euros sur les six premiers mois de 2009 ! Plutôt enclin à calmer le jeu avant la réunion d'hier, Daniel Braud, président de la CCI, et Patrick Berthault, président du Smac, ont finalement adopté, hier, la même ligne de conduite que Michel Boutant. « On ne peut pas céder à une compagnie qui se sert de cet argent pour exercer une concurrence déloyale. Avec l'argent public, Ryanair baisse le prix de ses billets et étouffe ses rivaux. Couler la concurrence, il n'y a que ça qui les intéresse », réagit Patrick Berthault.

 

Michel Boutant compte maintenant consulter les présidents de conseils généraux « dans tous les départements où Ryanair a ouvert des lignes » pour organiser un « front commun » et faire plier la compagnie. Daniel Braud devrait entreprendre une démarche identique auprès des dirigeants des Chambres de commerce et d'industrie.

 

En attendant, le danger de fermeture de la ligne Angoulême-Londres est bien réel... « Pas si sûr », nous glisse-t-on. « Quand vous dénoncez une convention, comme aurait l'intention de faire Ryanair, vous perdez toute crédibilité dans les négociations suivantes ». Ryanair y réfléchirait donc à deux fois avant de mettre sa menace à exécution.

 

Source : Sud-Ouest

10:48 Publié dans Ryanair | Lien permanent | Commentaires (0)

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