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09/12/2009

Air France veut revoir la rémunération de ses navigants...

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La direction d'Air France veut réviser les accords collectifs des pilotes et des personnels de cabine, avec pour objectif un gain d'Ebit de 120 millions d'euros, qui s'ajouterait à un plan d'économies et de restructuration de 500 millions.

 

Après avoir dévoilé le mois dernier son nouveau service court et moyen-courrier, Air France va devoir aborder dans les prochains jours la phase la plus délicate de la restructuration du réseau intra-européen, lourdement déficitaire. La direction veut en effet renégocier les accords collectifs définissant les conditions de travail et de rémunération des personnels navigants d'Air France, pilotes et personnels de cabine. Avec pour objectif, selon nos informations, un gain d'Ebit de 120 millions d'euros, qui s'ajouteraient aux 500 millions d'Ebit supplémentaires à trouver au niveau du groupe Air France-KLM au cours des prochains mois, pour permettre le retour à l'équilibre du réseau domestique et européen sur l'exercice 2011-2012.

Sur ces 500 millions, les recettes supplémentaires attendues de la reprise de part de marché sur les lignes domestiques et européennes, grâce à la nouvelle offre disponible à partir d'avril, ne devraient pas dépasser 90 millions. Tout le reste, soit 410 millions d'euros, devrait donc provenir des mesures d'économies et de restructuration, dont 220 millions via une réorganisation des escales françaises, de la logistique et une densification des appareils et 190 millions par des suppressions de fréquences. Air France devrait en éliminer 15 cet hiver et KLM, 12, tandis que Regional fermera 4 lignes au départ de Clermont-Ferrand en janvier prochain vers Strasbourg, Marseille, Lille et Toulouse.

Cependant, la négociation qui devrait s'engager avec les syndicats de navigants ne se limitera pas à un simple plan d'économies. Selon « La Tribune », la direction souhaiterait obtenir de ses navigants un gain de productivité pérenne « de 15 % à 20 % ». Mais plus qu'une augmentation du temps de travail,il s'agirait de modifier le système actuel de rémunération des navigants, basé sur une part de salaire variable importante en fonction du nombre d'heures de vol, afin de permettre le retour à une croissance rentable. «  L'objectif n'est pas de baisser les salaires ou de voler plus, mais de réaménager le système de rémunération variable,explique une source proche du dossier. Aujourd'hui, les coûts marginaux des personnels navigants sont égaux aux coûts moyens. Résultat, 1 % d'activité en plus se traduit par 1 % de coûts supplémentaire, ce qui ne nous permettra pas de retrouver une croissance rentable, quand l'activité repartira. »

Crainte de sureffectifs

Pour tenter de convaincre les navigants, la direction d'Air France-KLM a brossé en interne un tableau particulièrement sombre de la situation du moyen-courrier. La marge d'exploitation, avant impôt, serait devenue négative de 13 % sur les lignes européennes d'Air France et de KLM et de 12 % sur le réseau français, pour des chiffres d'affaires respectifs de 2,4 milliards, 1,4 milliard et 1,8 milliard d'euros. La recette unitaire, en baisse régulière depuis au moins dix ans, a plongé de près de 15 % en un an. Quant à la clientèle de la classe affaires, sa part est passée de 34 % en 1996 à 9 % en 2007.

Mais pour l'heure, aucun syndicat ne semble prêt à réviser des accords valables jusqu'en 2011 pour les pilotes et 2013 pour les personnels navigants commerciaux (PNC), en soulignant que la baisse de l'activité a déjà sensiblement amputé les rémunérations des navigants. La masse salariale de cette catégorie a effectivement baissé de 4 % au premier semestre, soit autant que celle des personnels au sol. A ces pertes de revenus s'ajoute la crainte de sureffectifs, qui seraient déjà de l'ordre de 800 hôtesses et stewards cet hiver et qui devraient encore s'accroître avec la suppression annoncée d'un poste de PNC sur les A319 d'Air France. Même souci du côté des pilotes, qui déplorent une centaine de sureffectifs cet hiver et dont l'activité en général serait tombée à une cinquantaine d'heures de vols par mois en moyenne au lieu des 75 heures théoriques. Difficile dans ses conditions d'envisager un effort de productivité alors même que, actuellement, l'activité ne génère pas assez de travail pour tout le monde.

 

Source : Les Echos

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