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09/12/2009

AF 447 : la piste du trou noir de l'Atlantique...

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C'est un incident que les enquêteurs considèrent comme une chance. Il y a dix jours, le vol AF 445, qui est le nouveau nom donné au vol AF 447 depuis l'accident du 1er juin dernier, a subi de fortes perturbations exactement dans la même zone que celle où l'AF 447 a disparu. Faute d'avoir récupéré les boîtes noires, toujours au fond de l'Atlantique Sud, les enquêteurs attendent de pouvoir analyser les données du vol AF 445.

 

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) en charge de l'investigation sur le drame a aussitôt lancé une enquête. «Les données du vol peuvent nous fournir de nouvelles informations, explique le porte-parole du BEA. On ne peut pas passer à côté d'une telle coïncidence.»

 

Le vol AF 445 a décollé de Rio de Janeiro le dimanche 29 novembre à 17 h 20 (temps universel) et rencontré une zone de fortes perturbations quatre heures après le décollage. Air France explique dans un communiqué, qu'en stricte application des procédures, l'appareil a «effectué une descente normale pour éviter une zone de turbulences sévères et rejoindre un niveau de vol moins turbulent».

 

Ne pouvant obtenir d'autorisation du contrôle aérien de Dakar, l'équipage aurait émis un message radio d'urgence pour indiquer que l'avion quittait son niveau de vol.

 

 

Pas de givrage des sondes Pitot

 

Selon nos informations, l'avion serait passé du niveau 330 (33 000 pieds, soit 11 000 mètres) au niveau 280 (28 000 pieds, soit 9 300 mètres), soit une chute de 1 700 mètres. Or, en cas de turbulences, la procédure ne prévoit de descendre que de 300 pieds, c'est-à-dire 100 mètres. Un passager sur ce vol (siège 4 K) explique d'ailleurs sur des blogs avoir eu le sentiment «que l'avion n'était plus contrôlé» et évoque la panique du personnel navigant commercial.

 

Le parallélisme entre l'accident du 1er juin et l'incident du 29 novembre est saisissant. Le vol AF 445 aurait rencontré des conditions météo perturbées dans le pot au noir proches de celles de l'AF 447. Il s'agit également de la même famille d'avion : un Airbus A 330-203 pour l'AF 447 et un A 330-200 pour le vol 445. L'incident aurait eu lieu à 10 milles nautiques (18 kilomètres) de la zone supposée de disparition de l'AF 447. Le créneau horaire est proche : 21 h 30 (temps universel) pour le vol AF 445 et 2 h 15 pour le vol AF 447, donc tous les deux de nuit. Autre paramètre fondamental : «les deux vols sont exploités par Air France, et donc les deux équipages sont censés appliquer les mêmes procédures d'urgence», explique un proche du dossier. En revanche, l'AF 445 n'a pas subi de givrage de ses sondes Pitot et de pertes d'informations anémométriques, à la différence du vol AF 447. Le parallélisme des deux situations météorologiques doit cependant être nuancé, selon Éric Mas, directeur de l'information sur la chaîne météo. «En regardant la photo de juin, on voit bien que le pot au noir était très étendu et très actif, explique-t-il. En novembre, il ressort très nettement que le pot au noir est moins marqué et moins étendu. Les conditions de vol étaient totalement standards.»

 

Source : Le Figaro

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