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24/10/2009

Aéroport de Bâle Mulhouse secoué un peu par la crise...

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Secoué par la crise, l’EuroAirport va retomber sous la barre des 4 millions de passagers en 2009, mais le trafic devrait rebondir l’année prochaine grâce à de nouvelles destinations et une concurrence renforcée.

Durant les neuf premiers mois de l’année, le trafic passagers de l’EuroAirport a chuté de 12 %, entraînant la perte de 400 000 passagers. 2008 avait déjà été marquée par un tassement du trafic provoqué par les premiers soubresauts de la crise économique dont le transport aérien est généralement le premier secteur à faire les frais.
Un gros trou d’air Conséquence : l’EuroAirport va sans doute retomber sous la barre des 4 millions de passagers franchie la première fois en 2006.
Pour Jürg Rämi, le directeur de l’aéroport de Bâle-Mulhouse, la situation n’est pas préoccupante pour autant. « La baisse va se stabiliser en octobre et nous pouvons espérer une légère croissance en novembre et décembre car le programme des vols hiver a été étoffé ».
L’EuroAirport est fortement secoué par la crise, mais il a touché le fond. « Nous avons pris des mesures pour équilibrer les comptes, mais nous n’envisageons pas de licenciements », signale Jürg Rämi. Le développement du pôle de maintenance aéronautique assure de nouvelles recettes qui compensent en partie la chute du trafic.
Les compagnies s’adaptent à la crise La compagnie britannique à bas prix easyJet qui avec 129 vols par semaine vers 18 destinations assure 40 % du trafic à l’EuroAirport, estime qu’elle sortira renforcée de la crise.
« Bâle-Mulhouse a un point faible : la saisonnalité du trafic, élevé en été, faible en hiver », explique Thomas Haagensen, directeur commercial d’easyJet Switzerland.
La compagnie orange a optimisé les horaires et les fréquences de ses quatre Airbus A-319 basés à l’EuroAirport pour les adapter aux périodes de vacances des trois régions frontalières et à trois types de clientèles : court séjour, vacances et affaires. Bordeaux bénéficie d’une troisième liaison. « Nous avons désormais une base solide moins touchée par les fluctuations saisonnières », se réjouit Thomas Haagensen.
Globalement le nombre de vols a été réduit mais le taux de remplissage reste très élevé : « autour de 85 % ». Le modèle économique du low cost continue de fonctionner.
Air France utilise un autre « amortisseur » de la crise grâce à la souplesse d’utilisation de sa flotte. « Nous adaptons la taille des avions au niveau du trafic », explique Éric Fuchsmann, directeur régional, cela nous a permis de maintenir l’ensemble des vols sur Paris à l’EuroAirport »
Mais au lieu des Airbus-A-320, Air France utilise des A-319, des Fokker 100 et des Embraer 170 (76 sièges) sur cette ligne fortement concurrencée par le TGV.
Nouvelles destinations La baisse du trafic sur Paris (-15 %, soit 35 000 passagers de moins depuis le début de l’année) est pratiquement compensée par la « réussite » de la nouvelle liaison vers Amsterdam, le hub de KLM, partenaire d’Air France. « Avec 30 000 passagers depuis le début de l’année, nous avons conquis 40 % du trafic sur cette ligne », se félicite Éric Fuchsmann.
Le passage au programme hiver, le 26 octobre, sera marqué par l’ouverture d’une nouvelle ligne vers Casablanca. La plus grande ville du Maroc sera desservie par Air Arabia, une compagnie low cost, basée aux Émirats Arabes Unis, à raison de deux vols par semaine avec un Airbus A-320 (168 sièges) et un prix à partir de 130 € (aller-retour taxes comprises).
Air Méditerranée rouvre l’hiver prochain deux destinations long courrier dans les Caraïbes en affrétant un Boeing B-769 de la compagnie Monarch. Par contre, les vols vers Dakar opérés par Hello pour le tour opérateur mulhousien Starter ne figurent plus au programme.
Autre nouveauté : Tatry, la ville slovaque située aux pieds de massif des Hautes Tatras. Une destination exotique proposée par Danube Wings, compagnie à bas prix qui dessert déjà Bratislava. Une autre low cost, la compagnie turque Pegasus, développe son activité à Bâle-Mulhouse en proposant, à côté de la liaison sur Izmir, cinq vols hebdomadaires vers Istanbul-Sabiha, l’aéroport de la métropole turque implanté côté oriental du Bosphore.
Concurrence renforcée La compagnie irlandaise Ryanair, le leader du low cost en Europe, s’attaque à easyJet en ouvrant trois vols sur Porto. Son rival riposte en doublant la desserte (huit vols par semaine au lieu de quatre). easyJet va chasser sur les terres de Lufthansa à Dusseldorf en proposant deux vols par jour destinés avant tout aux hommes d’affaires. « Nous sommes bien armés pour la concurrence », commente Thomas Haagensen. Du coup Lufthansa a mis un avion plus grand sur cette ligne.
La concurrence continue de faire rage sur Londres (55 vols/semaine) Amsterdam (31 vols/semaine), Barcelone (19 vols/semaine) et désormais également sur Istanbul (16 vols/semaine). C’est une bonne nouvelle pour les consommateurs : la concurrence est une garantie contre l’envol des prix à la sortie de la crise.

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