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19/12/2008

Le secteur aérien en voie de consolidation

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Alors qu'ont échoué les discussions entre British Airways et Qantas, de nombreuses autres alliances et fusions sont en cours dans un secteur touché par la crise économique dès ses balbutiements.
Thermomètre de l'économie mondial, le transport aérien a commencé à souffrir plusieurs mois avant l'éclatement de la crise économique actuelle. Le secteur, constitué de plus de deux cents acteurs mais dont seulement une dizaine ont une stature internationale, a vu disparaître un certain nombre des siens. Et souffrir même ses poids-lourds, à l'image d'Air France-KLM, de British Airways ou encore de Lufthansa, dont les cours de bourse ont fondu de plus de moitié depuis le début de l'année.

Confrontées à un ralentissement du trafic aérien et aux violentes variations des cours du pétrole, ainsi qu'à une concurrence acharnée entre opérateurs, les compagnies aériennes mettent en application l'adage "l'union fait la force" et tentent de multiples rapprochements. Ainsi British Airways, qui a annoncé jeudi l'échec de ses discussions sur une possible fusion avec sa partenaire australienne dans l'alliance OneWorld Qantas, est toujours en train de négocier un rapprochement avec l'espagnole Iberia. Réunies dans un holding, les deux compagnies, qui conserveraient leur autonomie, deviendraient numéro trois mondial du secteur. Reste à déterminer si la fusion se fera d'égal à égal, comme le souhaite Iberia, ou si British Airways prendra le dessus.

British Airways et Iberia ont également annoncé cet été leur intention de s'allier avec American Airlines. Les trois principaux partenaires de l'alliance Oneworld ont signé en août un accord pour mettre en commun leurs moyens entre l'Europe et les Etats-Unis. Il leur permettrait de passer du simple programme de fidélisation commun à l'exploitation conjointe de tous leurs vols entre l'Europe et l'Amérique du Nord, avec un partage des recettes au prorata des capacités offertes. Ce projet est étudié de près par les autorités de la concurrence : Bruxelles a ouvert une enquête au début du mois de septembre et l'administration américaine étudie également le dossier.

L'échec des discussions avec British Airways pourrait inciter Qantas à chercher une nouvelle fiancée, qu'elle pourrait trouver en Asie selon une source citée par l'agence Reuters. La source, qui précise que la compagnie australienne ne poursuit pas actuellement de discussions en ce sens, observe que cette dernière a eu par le passé des entretiens avec Singapore Airlines et Malaysian Airline System.

L'allemande Lufthansa, pour sa part, participe activement à la consolidation du secteur. La compagnie aérienne s'est offert Swiss en 2005 et 19% de l'américain JetBlue fin 2007, et a engagé depuis le début de l'année la reprise du belge Brussels Airlines, du britannique BMI, d'Austrian Airlines et de la compagnie allemande à bas coûts Germanwings, auxquels s'ajoutent un projet d'alliance avec Alitalia et à des discussions avec le scandinave SAS et le britannique Virgin Atlantic. Avec ce dernier, il se penche sur l'avenir de la compagnie régionale britannique BMI, dont il est en passe de s'octroyer 80% du capital.

Air France-KLM apprécie peu certains appétits de Lufthansa. La compagnie franco-néerlandaise a déposé plainte auprès de Bruxelles après l'acquisition d'Austrian, estimant que sa rivale allemande avait été favorisée dans le processus de la privatisation de la compagnie aérienne autrichienne. Air France n'est cependant pas restée inactive, annonçant le 30 mars la création d'une joint-venture avec sa partenaire dans l'alliance SkyTeam Delta Airlines.

Cette dernière a officiellement scellé son union avec Northwest à la fin du mois d'octobre, après un an de discussions. Le nouvel ensemble, baptisé Delta, est le nouveau numéro un mondial. Il représente un chiffre d'affaires cumulé d'environ 35 milliards de dollars pour 2008 et une flotte de près de 800 avions. Fusionnées, la troisième et la cinquième compagnie américaine contrôleront près de 20 % du marché nord-américain, contre 14,8 % pour American et 12,3 % pour Southwest.

Marginalisée au sein de SkyTeam, Continental s'est rapprochée cet été de l'alliance rivale Star Alliance en annonçant une union commerciale avec United Airlines. Contraintes par l'envolée de la facture pétrolière de clouer au sol une partie de leurs flottes, les deux compagnies associées devraient pouvoir optimiser leurs réductions de capacités. A plus long terme, elles pourraient former à leur tour une joint-venture sur les lignes transatlatiques avec Lufthansa, en suivant l'exemple d'Air France-KLM et de Delta-Northwest.

Le dossier Alitalia, dont les rebondissements ont émaillé l'année 2008, devrait encore animer 2009. La nouvelle compagnie, née de la reprise pour 1,052 milliard d'euros de ses meilleurs actifs par le consortium d'investisseurs italiens CAI, va devoir l'an prochain choisir un partenaire international. Air France-KLM et Lufthansa sont ses deux principaux prétendants. Mais avant cela, Alitalia devra licencier ses salariés, dont 10.150 sur 17.500 seront embauchés par la CAI, et fusionner avec Air One, la deuxième compagnie italienne, dont le PDG fait partie des repreneurs des actifs d'Alitalia.

Le low-cost n'échappe pas à cette course à la taille. Ainsi Ryanair a annoncé début décembre tenter une nouvelle OPA hostile sur sa compatriote irlandaise Aer Lingus, malgré l'échec de sa première tentative fin 2006.

Source: les Echos.fr
Jeudi 18 Décembre 2008

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